« La terre
un lieu de gloire pour Dieu »

Chapitre général - Capitulo General - General Chapter

Le Chapitre général des Religieuses de l’Assomption, juillet 2006

Jeunes et vocations en Argentine

Rubrique : Jour après jour, L'expérience — Sophie, 2:30 pm

Le Nord de Misiones, appauvri par la grave crise du pays, est une des zones les plus touchées par l’urgence sociale dont souffre l’Argentine. C’est une zone très pauvre, a forte mortalité infantile. Le pourcentage de grossesses d’adolescentes est très élévé. L’échec scolaire de beaucoup d’enfants et de jeunes est dû à une alimentation inadéquate aux premiers âges de la vie et à un manque d’encadrement et de stabilité des familles. De 14 à 30 ans, 53% de la population économiquement active est désœuvrée. Dans les zones urbaines et de banlieues, l’exploitation sexuelle est très présente : réseaux de recrutement de jeunes pour la prostitution ; service dans des hôtels ; petits garçons ou petites filles qui travaillent dans la rue et qui sont exploités sexuellement et commercialement ; des organisations qui essaient d’attirer des jeunes et des adolescents dans des lieux comme des parking pour camions, des bars et discothèques. Un trait culturel propre à l’habitant de Misiones est désormais le besoin de dépendre du “capanga”, un leader autoritaire qui donne sécurité. Mais en même temps, les jeunes et adultes manifestent leur désir de liberté et laissent leurs terres et propriétés pour aller à la recherche d’une “terre sans mal”.

Ainsi beaucoup de jeunes et d’adultes vont dans les grandes villes d’autres régions ou dans les quartiers de Buenos Aires… Mais un trait culturel nouveau apparaît avec ceux qui n’émigrent pas. Ils cherchent à révéler leur potentiel sans dépendre ni se couper des plus grands, en dialoguant avec eux. C’est la réalité qui est à l’origine de ce projet.
Dans le diocèse de Yguazu, les soeurs travaillent à la pastorale des jeunes dans une équipe diocésaine : prêtres, religieux de différentes congrégations et jeunes. Depuis des années elles ont adopté la méthode expérimentale, ce qui implique un travail en équipe au niveau communautaire, paroissial, régional et diocésain. Elles sont appuyées dans cette tâche par l’équipe nationale de Talitha Kum, qui émane de l’institut supérieur de pastorale des jeunes du Chili.
Les soeurs croient que la formation est un processus d’accompagnement qui respecte le rythme de croissance des jeunes. La formation est un processus qui comprend quatre axes centraux : personnalisation, socialisation, croissance en groupe et croissance chrétienne.
Ces axes ne se travaillent pas successivement, d’une manière linéaire, sinon en revenant de l’un à l’autre selon les étapes d’évolution des jeunes, leurs crises, le chemin de chaque groupe : c’est un processus en spirale.

Les soeurs accompagent le groupe de base paroissial des jeunes. Ces groupes de base sont un signe car à partir de ce qu’ils y vivent, les jeunes s’engagent dans d’autres domaines qui ne sont pas ecclésiaux comme :

  • Le Projet Buen Puerto appuyé par l’UNICEF, pour les jeunes en danger, qui n’ont pas terminé leur études.
  • Le projet Mate (modèle argentin pour le tourisme et l’emploi) appuyé par un collège du Canada à travers l’agence canadienne de développement internationale pour la formation et l’insertion dans le monde du travail de jeunes adultes au chômage.
  • Ils sont aussi accompagné dans leur recherche vocationnelle au niveau personnel et en groupe et ils participent à des ateliers et des journées vocationnelles. Un signe du bien-fondé de ces ateliers et journées est le dialogue entre deux adolescents appartenant à des familles exclues, dialogue surpris au moment de la douche : “Quelle joie j’éprouve ! Tu sais ce que j’ai découvert ? J’ai découvert que je n’ai pas seulement des choses mauvaises en moi. J’ai une source et il dépend de moi de l’alimenter”.

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