« La terre
un lieu de gloire pour Dieu »

Chapitre général - Capitulo General - General Chapter

Le Chapitre général des Religieuses de l’Assomption, juillet 2006

Lectio Divina : Espérance

Rubrique : Jour après jour, Le billet biblique — Sophie, 10:00 am

Que proposer à des capitulantes à la quatrième semaine de leur travaux, alors qu’il faut aussi penser à ce qui sera à vivre dans les différentes provinces? Nous avons invoqué l’Esprit Saint pour les discernements en vue des élections, mais également pour le discernement des orientations et priorités à donner à la congrégation pour les six ans à venir. Richard Lamoureux soulignait que dans un discernement il s’agit du mystère de notre participation à l’oeuvre de Dieu. Il s’agit de conjuguer nos propres sentiments avec les siens et à partir de la confrontation, de la rencontre de ces deux réalités de faire des choix. Richard soulignait la dimension active et la dimension passive du discernement.
Dieu est en train de nous créer et de nous recréer sans cesse et nous sommes collaboratrices de cette œuvre de création.


Le don de l’Esprit est don de vie à recevoir et il appelle notre collaboration. Passivité / Activité. Dieu a assumé notre nature humaine, tout ce qui fait nous fait êtres humains. Cette nature humaine est déjà un reflet de la gloire de Dieu. Donc c’est avec cette matière que nous allons travailler et c’est elle que l’Esprit va transformer. Tout cela c’est Marie-Eugénie qui le dit pour parler des vertus naturelles.
Alors puisque la sagesse africaine, nous a rappelé l’importance de recueillir l’héritage et de le transmettre, je vous propose une semaine de contemplation des valeurs ou vertus naturelles que nous pourrions vivre, recevoir et fortifier en nous en cette dernière étape du chapitre….

L’espérance.
Texte biblique : Juges 7, 8-22.

Le contexte général de ce texte est l’oppression d’Israël par les Madianites. Gédéon est alors désigné par Dieu comme libérateur pour chasser les oppresseurs. Le Seigneur l’envoie avec ces mots : “Va avec la force qui t’anime et tu sauveras Israël de la main de Madiân. N’est-ce pas moi qui t’envoie ?” Lorsque après avoir fait toutes sortes de difficultés (protestations, angoisse et autres histoires) patiemment écartées par Dieu, Gédéon est plus ou moins réconcilié avec sa mission et Dieu lui donne des instructions : Il doit d’abord réduire le nombre des guerriers pour qu’ils n’aient pas la tentation de s’attribuer la victoire sur leurs ennemis.
Puis suivent d’autres instructions aux versets 9 à 11.

  • Regarder la répétition des mots “descendre” et “camp”. L’expression “descends sur (au) le camp” a été placée au début, au milieu et à la fin du récit. Mais en réalité il y a descendre et descendre ! Au début (en 9c) on trouve la formule “livrer”, qui revient régulièrement dans les textes bibliques et signifie la plupart du temps que Dieu libère son peuple engagé en guerre. Ceci, pour nous apprendre que le « descends » du verset 9b est entendu en son sens militaire (”faire une descente sur”, “investir”) et désigne l’attaque décisive.
  • Néanmoins Dieu reconnaît que Gédéon (v. 10), n’est pas à l’abri de la crainte ; ceci n’est pas étonnant si on se souvient des frayeurs au moment de son appel (chapitre 6). Peut-être, estime Dieu, Gédéon maîtrisera-t-il sa peur s’il prend son écuyer avec lui.
  • Arrivées à ce point, nous comprenons que le verset 10 met en jeu une toute autre descente que celle des vv. 9b + 11c, du début et de la fin du passage. Cette descente est une approche rampante d’éclaireurs ; elle précède l’attaque et n’est exécutée que par Gédéon et son compagnon. Une descente n’est pas l’autre ; Dieu tient compte de la faiblesse humaine. Si Gédéon ne peut pas faire suffisamment confiance en Dieu qui livrera l’ennemi entre ses “mains” (image de puissance), ses “mains” doivent d’abord être fortifiée. Ceci lui donnera alors le courage d’attaquer et de recevoir des mains de Dieu la victoire promise. La suite est spectaculaire : Gédéon entend un soldat ennemi raconter son rêve à un compagnon et constate que l’attaque suscite chez eux une frayeur mortelle ; le voici définitivement convaincu de la réussite de sa mission. On constate dans la suite du récit que les trois cents combattants remportent une victoire totale sans même frapper. Le verset 22 donne la clé de cet exploit.

Vous allez me dire : qu’est-ce que cette histoire peut bien avoir avec nous, même si peut-être déjà en allant travailler avec des adolescents – ou que sais-je - vous avez pu avoir le sentiment d’entrer dans un camp madianite ?!
Alors je vous invite à faire mémoire : vous avez évoqué les situations de notre monde et les appels pressants auxquels vous vous sentiez appelées de répondre. Ce sont nos camps madianites, les lieux de nos combats quotidiens pour que vienne le Royaume et que prennent corps les valeurs évangéliques. Pourrions-nous avoir quelque crainte aujourd’hui et nous dire : mais comment cela va-t-il se faire ? Ou : La tâche est immense! Ou encore : nous n’avons pas assez de force ! Faisons mémoire des expériences entendues et de la vitalité des provinces. Faisons mémoire des appels entendus avec la reconnaissance vive que derrière tout appel il y a déjà un don… Les expériences, les analyses des situations, les appels entendus… sont autant de descentes dans la réalité que Dieu nous a fait opérées. Elles nous auront fortifiées. Puisons la force de poursuivre et d’envisager le retour dans nos provinces, quand là il nous faudra descendre dans la réalité pour cette fois-ci y œuvrer et “combattre”. Que notre mémoire soit chemin d’avenir, espérance. Enracinée dans la foi et la confiance, l’espérance se déploiera vers l’avenir et ouvrira de nouveaux dynamismes. “Va avec la force qui t’anime…”

Soeur Sophie Ramond

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